Pourquoi à Kekem ?

(voici un extrait du blogue que Marie et Paul-André ont rédigé en janvier 2019 lors de leur séjour   https://pabconseil.wixsite.com/clinique-cameroun/accueil/  )

 

Le village de Kekem sera parfait pour l’établissement de la clinique médicale!

Le terrain pour la clinique

Le terrain, dont les frères ont fait l’acquisition est vaste (environ 2 fois un terrain de football). Situé à proximité de la route il est facile d’accès. En plein cœur du village, il sera également simple de faire savoir aux gens comme s’y rendre puisqu’ici, il n’y a ni noms de rues, ni adresses civiques.

En plus le village de Kekem est à la jonction de routes importantes et achalandées qui se dirigent vers plusieurs grandes villes du pays. Sur place, ce qui frappe d’abord c’est qu’il est plat et très légèrement en pente ce qui simplifiera le travail pour les fondations tout en évitant l’accumulation d’eau stagnante en saison des pluies — ce qui favorise la prolifération de moustiques porteurs de la malaria— Il est d’ailleurs actuellement utilisé comme terrain de soccer et il nous faudra aider les villageois à aménager un autre espace pour cette indispensable activité sportive!

On remarque également une grande tour de communication qui jouxte le terrain rassurant sur la présence d’un réseau cellulaire stable. L’omniprésence d’enfants au Cameroun et l’expérience de Marie en dispensaire, plusieurs fois par semaine depuis notre arrivée, nous incitent à penser à une clinique spécialisée en pédiatrie doublée d’une urgence pour desservir au mieux la population.

Je laisse d’ailleurs Marie vous partager ses impressions et découvertes:

Bonjour chaleureux à chacune et chacun,

Me voici déjà presque à la fin de mon séjour en brousse. J’ai eu la chance de fréquenter le dispensaire d’un village voisin. Cela m’a permis de connaître de l’intérieur les besoins de la population et les enjeux de la future clinique de Kekem.

Le dispensaire

Le temps que j’ai passé au dispensaire m’a permis de voir à quel point le personnel doit avoir une bonne expertise: que ce soit pour les accouchements, les consultations, les prescriptions d’examens de laboratoire et les traitements. Ici les personnels traitants font souvent des tâches qui seraient réservées aux seuls médecins chez nous.

Ce petit dispensaire est doté d’un laboratoire rudimentaire, d’un appareil pour les échographies et d’une petite pharmacie. On y trouve également une salle de travail et d’accouchement, une salle pour les chirurgies mineures, des dortoirs (respectivement pour hommes, femmes et enfants), et deux bureaux de consultation le tout alimenté par une génératrice pour prendre le relais lors des fréquentes pannes électriques.

Le dortoir des enfants a toujours été le plus occupé. Ce sont eux en effet les plus vulnérables et ils sont souvent touchés par des fièvres de toute origine (paludisme, typhoïde, troubles respiratoires), par l’anémie due à la malnutrition, l’épilepsie, etc. Les résultats obtenus par les modestes moyens du dispensaire sont étonnants. J’ai pu constater que des enfants qui arrivaient très mal en point récupéraient rapidement: suppléments vitaminiques, soutiens des surrénales, oxygénateurs du cerveau, transfusions.... autant de pratiques qui sont peu utilisées chez nous, mais qui font la différence ici! Cependant, l’argent est toujours un enjeu majeur pour la population. Au Cameroun le patient doit tout payer: les soins, le matériel, les médicaments, l’hospitalisation, les actes médicaux sans compter qu’ils doit fournir sa propre nourriture. Ceci menant parfois à des choix déchirants tels que l’abandon de patient, le refus de traitement, la prévention et les suivis négligés, etc.

À cause de tout cela, le dispensaire devient trop souvent le dernier recours ce qui explique la gravité de l’état des enfants qui s’y présentent. Le gouvernement a mis en place des campagnes de distribution de moustiquaires gratuites pour prévenir la malaria chez les femmes enceintes, l’accès gratuit au dépistage et au traitement de la malaria pour les femmes enceintes et les enfants âgés de 0 à 5 ans, un programme de vaccination gratuit pour les bébés jusqu’à 11 mois ainsi que des tests de dépistage du VIH-SIDA et son traitement à vie sans frais.

Malgré tous ces efforts, les problématiques de santé sont nombreuses et demeurent un grand défi. Voilà pourquoi nous aimerions offrir un appui concret à cette courageuse population dans sa lutte quotidienne pour la vie. Nous prendrons le temps, à notre retour d’élaborer un plan de match réaliste pour entamer concrètement le projet de la clinique médicale dès l’année prochaine. Nous vous tiendrons informés!

©2019 par Le projet de Clinique pédiatrique au Cameroun